Juridique

Calcul Délai de Prescription 2026

Calculez la date d'expiration de votre délai de prescription en droit civil, pénal ou du travail.

Date à laquelle les faits se sont produits ou ont été découverts

Votre créance n'est pas prescrite ?

Rédigez votre mise en demeure pour faire valoir vos droits.

Générer une mise en demeure

Simulation indicative. Les résultats ne constituent pas un conseil juridique. Consultez un professionnel du droit.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le délai de prescription ?

La prescription est le délai au-delà duquel une action en justice n'est plus recevable. En droit civil français, la réforme de 2008 a instauré un délai de droit commun de 5 ans (art. 2224 du Code civil), courant à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits.

Quand commence le délai de prescription ?

Le point de départ est le jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'agir (art. 2224 C. civ.).

Pour les vices cachés, c'est la découverte du vice. Pour le droit pénal, c'est la commission de l'infraction ou le jour où elle a pu être constatée.

Peut-on interrompre ou suspendre la prescription ?

Oui. La prescription peut être interrompue (repart à zéro) par une reconnaissance de dette, une mise en demeure, une citation en justice.

Elle peut être suspendue (pause sans remise à zéro) en cas de force majeure, de minorité de la victime, ou de médiation en cours.

Quelle est la prescription pour les infractions pénales graves ?

En matière pénale, les délais varient selon la gravité : 1 an pour les contraventions, 6 ans pour les délits, 20 ans pour les crimes.

Des délais allongés existent pour certaines infractions graves : crimes contre l'humanité (imprescriptibles), crimes sur mineurs (30 ans à compter de la majorité).

La prescription en droit du travail est-elle différente ?

Oui, le droit du travail a ses propres délais. Les actions en paiement de salaires se prescrivent par 3 ans (art. L3245-1 du Code du travail).

Les actions en contestation de rupture du contrat se prescrivent par 12 mois depuis la loi Macron de 2015. Ces délais sont généralement d'ordre public.

Comprendre les délais de prescription en droit français

Qu'est-ce que la prescription en droit ?

La prescription extinctive est un mécanisme juridique fondamental qui éteint un droit d'action après l'écoulement d'un certain délai. En droit français, la réforme majeure introduite par la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 a simplifié le système en instaurant un délai de droit commun de 5 ans pour la plupart des actions civiles (Code civil, article 2224). Ce délai court à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant d'exercer son action.

La prescription a pour objectif d'assurer la sécurité juridique : passé un certain temps, les preuves se dégradent, les témoins oublient, et il devient difficile de rendre une justice équitable. Elle protège également le débiteur contre des réclamations indéfinies et encourage le créancier à agir dans un délai raisonnable.

Délai de prescription = Date du fait générateur + Durée légale applicable. L'action est prescrite si la date du jour dépasse cette échéance (Code civil, article 2224).

Les principaux délais de prescription en 2026

Le droit français distingue plusieurs catégories de délais selon la nature du litige. Voici les plus courants :

Délais de prescription par domaine

Contestation rupture travail
12 mois
Contravention pénale
1 an
Vices cachés
2 ans
Salaires impayés
3 ans
Droit commun civil
5 ans
Délit pénal
6 ans
Dommage corporel
10 ans
Crime
20 ans

Du plus court au plus long

Le point de départ du délai : une question cruciale

Le point de départ de la prescription est souvent le point le plus disputé devant les tribunaux. Le principe général est la connaissance des faits : le délai court à compter du jour où vous avez eu connaissance (ou auriez dû avoir connaissance) des faits permettant d'exercer votre droit. Ce principe comporte des exceptions importantes :

  • Vices cachés : le délai de 2 ans court à compter de la découverte du vice, pas de la vente (Code civil, article 1648).
  • Dommage corporel : le délai de 10 ans court à compter de la consolidation du dommage, c'est-à-dire la stabilisation de l'état de santé de la victime.
  • Infractions pénales : le délai court en principe à compter de la commission de l'infraction, mais pour les infractions occultes (abus de confiance, escroquerie), il court à compter de leur découverte.

5 ans

Délai de prescription de droit commun en matière civile depuis la réforme de 2008

Exemple concret : facture impayée entre professionnels

Prenons le cas d'un consultant qui a facturé une prestation de 5 000 € le 15 mars 2022. Le client n'a jamais payé malgré plusieurs relances.

1

Fait générateur

14/04/2022

Facture émise le 15 mars 2022 avec échéance à 30 jours, soit le 14 avril 2022

2

Prescription applicable

5 ans

Action civile contractuelle, délai de droit commun de 5 ans (art. 2224 C. civil)

3

Date limite d'action

14/04/2027

Le consultant doit agir avant le 14 avril 2027 pour ne pas perdre ses droits

4

Jours restants (avril 2026)

~ 375 j

Il reste environ 1 an pour engager une procédure ou interrompre la prescription

Interruption et suspension : comment gagner du temps

La prescription n'est pas un couperet irrémédiable. Deux mécanismes permettent de la modifier :

L'interruption fait repartir le délai à zéro. Elle peut résulter d'une citation en justice, d'un commandement de payer, d'une saisie, ou d'une reconnaissance de dette par le débiteur. Par exemple, si votre débiteur reconnaît par écrit qu'il vous doit de l'argent, le délai de 5 ans repart intégralement.

La suspension met la prescription en pause sans remettre le compteur à zéro. Elle intervient en cas de minorité de la victime, de force majeure, ou pendant une procédure de médiation ou de conciliation. Le délai reprend son cours dès que la cause de suspension disparaît.

Interruption

Repart à zéro

Citation en justice, reconnaissance de dette, commandement de payer

Suspension

Mise en pause

Minorité, force majeure, médiation en cours

Attention

La simple mise en demeure n'interrompt pas la prescription en matière civile. Elle fait courir les intérêts moratoires mais ne remet pas le délai à zéro. Seule une action en justice ou une reconnaissance de dette par le débiteur a cet effet. Pour rédiger votre mise en demeure, utilisez notre générateur de mise en demeure.

Prescription en droit du travail : des délais plus courts

Le droit du travail applique des délais de prescription spécifiques, généralement plus courts que le droit commun civil. Depuis la loi Macron du 6 août 2015, les actions portant sur la rupture du contrat de travail se prescrivent par 12 mois seulement (Code du travail, article L1471-1). Les actions en paiement de salaires bénéficient d'un délai de 3 ans (Code du travail, article L3245-1). Si vous êtes confronté à un litige professionnel, pensez également à calculer vos intérêts légaux pour chiffrer votre préjudice.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre le point de départ du délai : la prescription ne commence pas nécessairement à la date de l'acte ou du contrat, mais au jour où vous avez eu connaissance des faits permettant d'agir. Pour une créance impayée, c'est la date d'exigibilité ; pour un vice caché, c'est la date de découverte.
  • Ignorer la différence entre interruption et suspension : l'interruption efface le délai écoulé et fait courir un nouveau délai complet, tandis que la suspension ne fait que mettre le délai en pause. Une action en justice interrompt ; une médiation peut suspendre.
  • Croire que la mise en demeure interrompt la prescription : en droit civil, l'envoi d'un courrier de mise en demeure, même en LRAR, n'interrompt pas la prescription. Seule une action en justice ou une reconnaissance de dette écrite par le débiteur produit cet effet.
  • Appliquer le délai de droit commun à tous les cas : les délais spéciaux sont très nombreux. Le droit du travail, le droit de la consommation, les vices cachés, les dommages corporels ont chacun leurs propres délais, souvent plus courts ou plus longs que le délai de 5 ans.
  • Négliger la prescription pénale : si votre préjudice résulte d'une infraction (escroquerie, abus de confiance...), la voie pénale peut être ouverte avec des délais distincts. Ces délais courent à compter de la commission des faits et non de leur découverte, sauf exceptions.

Sources et références

  • Code civil, article 2224 : prescription de droit commun de 5 ans.
  • Code civil, article 2226 : prescription de 10 ans pour les dommages corporels.
  • Code civil, article 1648 : prescription de 2 ans pour les vices cachés.
  • Code du travail, articles L3245-1 et L1471-1 : prescriptions en droit du travail.
  • Code de procédure pénale, articles 7, 8 et 9 : prescriptions pénales.
  • service-public.fr, Prescription en matière civile : fiche pratique sur les délais de prescription.

Juridique

Sources : Code civil, art. 2224 (5 ans), art. 2226 (10 ans corporel), art. 1648 (2 ans vices cachés) · Code du travail, art. L3245-1 et L1471-1 · Code de procédure pénale, art. 7, 8 et 9 · Réforme : loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 · service-public.fr · Dernière mise à jour : avril 2026.