Tout savoir sur le calcul du maintien de salaire en cas de maladie
Qu'est-ce que le maintien de salaire maladie ?
Le maintien de salaire est l'obligation pour l'employeur de compléter les indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) versées par la CPAM au salarié en arrêt maladie. Ce mécanisme garantit au salarié de percevoir une part significative de sa rémunération habituelle pendant une durée limitée. Le dispositif est encadré par l'article L1226-1 du Code du travail et les articles D1226-1 à D1226-8.
Le maintien de salaire est versé en deux phases : une première période à 90 % du salaire brut, puis une seconde période à 66,66 % (deux tiers). La durée de chaque phase dépend de l'ancienneté du salarié. Des conventions collectives peuvent prévoir des conditions plus favorables : suppression du délai de carence, maintien à 100 %, durée allongée.
Les 3 sources de revenu pendant un arrêt maladie
Qui paie quoi ?
Comment calculer le maintien de salaire ? La formule expliquée
Le calcul se décompose en plusieurs étapes. Votre employeur déduit les IJSS du montant garanti, et verse la différence sous forme de complément.
Complément employeur = (Salaire brut / 30 x Jours x Taux de maintien) - IJSS sur la même période
Le salaire journalier de base pour les IJSS est calculé sur la moyenne des 3 derniers mois de salaire brut, divisée par 91,25. L'IJSS correspond à 50 % de ce salaire journalier, plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel (soit environ 83,90 € de SJB maximum en 2026 avec un SMIC à 12,02 €/h). L'IJSS journalière maximale est donc d'environ 41,95 €.
Bon à savoir
Exemple concret : arrêt de 60 jours pour un salarié à 2 800 € brut
Prenons le cas d'un salarié avec 8 ans d'ancienneté et un salaire brut mensuel de 2 800 €, en arrêt maladie pendant 60 jours. Avec 8 ans d'ancienneté (tranche 6-10 ans), il bénéficie de 40 jours à 90 % et 40 jours à 66,66 %.
7 premiers jours : aucun complément versé par l'employeur
Jours 8 à 47 : salaire garanti à 90 % du brut
Jours 48 à 60 : salaire garanti aux deux tiers
Versées par la CPAM (50 % du SJB, 57 jours couverts)
4 669 €
Total perçu pendant 60 jours d'arrêt (au lieu de 5 600 € de salaire normal)
Barème de durée du maintien selon l'ancienneté
La durée de maintien augmente par paliers de 5 ans d'ancienneté. Chaque palier ajoute 10 jours à la période à 90 % et 10 jours à la période à 66,66 %. Voici le barème légal :
| Ancienneté | Jours à 90 % | Jours à 66,66 % | Total couvert |
|---|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours | 60 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours | 80 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours | 100 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours | 120 jours |
| 21 à 25 ans | 70 jours | 70 jours | 140 jours |
| 26 à 30 ans | 80 jours | 80 jours | 160 jours |
Évolution de la couverture totale
Durée de maintien en jours selon l'ancienneté
IJSS vs maintien employeur : qui paie quoi ?
Pendant un arrêt maladie, deux sources de revenus coexistent. Les IJSS sont versées directement par la CPAM au salarié (ou à l'employeur en cas de subrogation). L'employeur verse ensuite un complément pour atteindre le niveau de maintien garanti. Ce mécanisme s'appelle la subrogation lorsque l'employeur avance les IJSS et les déduit du salaire maintenu.
Pour les salariés dont le salaire dépasse le plafond IJSS (environ 2 552 € brut/mois en 2026), le complément employeur est proportionnellement plus élevé car les IJSS sont plafonnées. Pensez à vérifier votre convention collective : certaines prévoient un maintien à 100 % du salaire dès le premier jour, sans délai de carence. C'est le cas par exemple de la convention Syntec pour les cadres avec plus de 1 an d'ancienneté.
Droit légal minimal
90 % puis 66,66 %
Carence 7 jours employeur
Convention collective favorable
Jusqu'à 100 %
Souvent sans carence
Erreurs fréquentes à éviter
Attention au calcul sur 12 mois glissants
- Oublier de déclarer l'arrêt dans les 48 heures. Le salarié doit transmettre son certificat médical à l'employeur et à la CPAM sous 48 heures. Un retard peut entraîner la perte des IJSS ou du maintien employeur.
- Confondre jours calendaires et jours ouvrés. Le maintien de salaire se calcule en jours calendaires (y compris week-ends et jours fériés), pas en jours ouvrés. Un arrêt de 30 jours couvre donc environ 4 semaines et 2 jours.
- Ignorer le plafond des IJSS. Les IJSS sont plafonnées à 1,4 fois le SMIC mensuel (IJ max : 41,95 €/j en 2026). Au-delà d'un salaire d'environ 2 552 €/mois, le taux de remplacement effectif des IJSS diminue. Les cadres supérieurs ont donc une perte de revenus plus importante en cas d'arrêt.
- Ne pas vérifier sa convention collective. Le droit légal est un minimum. De nombreuses conventions collectives offrent un maintien plus favorable. Consultez votre convention ou demandez à votre service RH avant de vous fier uniquement au calcul légal.
- Confondre maintien de salaire et prévoyance. Certains contrats de prévoyance complémentaire (mutuelle ou prévoyance entreprise) prennent le relais après la fin du maintien légal. Vérifiez si votre entreprise souscrit un tel contrat, surtout pour les arrêts longue durée. Pour connaître le détail de vos droits à congés, utilisez notre calculateur dédié.
Sources et références
- Code du travail, articles L1226-1 et D1226-1 à D1226-8 : conditions et modalités du maintien de salaire employeur.
- Code de la Sécurité sociale, articles L323-1 et D323-1 : calcul et versement des indemnités journalières.
- service-public.fr, Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié
- ameli.fr, Arrêt maladie : vos indemnités journalières
- service-public.fr, Maintien du salaire du salarié en arrêt maladie